Le baromètre de l’action sociale : un reflet chiffré du dynamisme des centres régionaux et des initiatives locales d’intégration

Publié au printemps dernier, le baromètre de l’action sociale a été rendu public sur le portail de l’Action sociale en Wallonie. Cette édition, la deuxième du genre, portait sur les indicateurs clés et leur évolution au cours de l’année 2019, en comparaison avec la situation existante en 2018. L’occasion notamment de faire un état des lieux sur les secteurs des centres régionaux d’intégration et des initiatives locales d’intégration des personnes étrangères.

Le document de quelques 58 pages émanant du Service Public de Wallonie (SPW) de l’Action sociale est un condensé de données et de chiffres destinés à donner un aperçu rapide et complet du travail mené en Wallonie autour de cette thématique. Le rapport dresse un bilan des différents domaines liés à l’action sociale. On y retrouve donc deux grands chapitres consacrés aux centres régionaux d’intégration et aux initiatives locales d’intégration des personnes étrangères, mais aussi d’autres portant sur des secteurs sociaux comme les services de médiation de dettes, les services d’insertion sociale, les maisons d’accueil et maisons de vie communautaire, les abris de nuit, les relais sociaux ou l’organisme d’interprétariat en milieu social.

Au-delà du rappel des missions des opérateurs et du budget alloué à chaque secteur, le baromètre reprend les chiffres relatifs au personnel, aux activités et aux bénéficiaires concernés. Tous ces chiffres proviennent des synthèses des rapports d’activités simplifiés et harmonisés transmis par les opérateurs au SPW Action sociale.

Un suivi du parcours d’intégration toujours plus présent

En ce qui concerne les centres régionaux d’intégration, le premier coup de projecteur jeté sur leurs activités met en lumière une augmentation de tous les indicateurs chiffrés sur le suivi du parcours d’intégration des personnes étrangères qui est officiellement la seule mission de première ligne dévolue à ces centres dans le cadre de leur agrément. Concrètement, en 2019, les centres d’intégration ont réalisé au total 3437 bilans sociaux, 1810 séances d’information sur les droits et devoirs en Belgique et 2317 entretiens d’évaluation. Tous ces chiffres sont en hausse par rapport à ceux de 2018.

En revanche, pour les missions de deuxième ligne, les chiffres de 2019 sont à la baisse par rapport à ceux de 2018, avec 784 séances d’information et actions de sensibilisation, mais aussi 3098 heures de formation organisées à destination des intervenants agissant dans le secteur. Les raisons de cette chute chiffrée sont évidemment à aller chercher dans l’éclatement de la pandémie de Covid-19 qui a suspendu toute organisation d’activités en présentiel durant une longue période.

Les équipes des centres régionaux d’intégration se sont légèrement étoffées en 2019, passant de 149 équivalents temps plein en 2018 à 156. En 2019, ces équipes ont reçu pas moins de 3614 personnes désireuses de réaliser le parcours d’intégration contre 3268 en 2018 (+10%). Au sein de ces bénéficiaires, on a pu constater une augmentation du nombre de femmes (58% en 2019 pour 53% en 2018) qui restent majoritaires, tout comme les personnes volontaires (62%) et les extras européens (96%). En moyenne, chaque centre régional d’intégration a accueilli 451 personnes au cours de l’année 2019. Et, globalement, 2158 personnes ont reçu une attestation de fréquentation du parcours d’intégration, pour 1903 en 2018.

Un renforcement des initiatives locales d’intégration

Le deuxième volet des indicateurs portant sur le domaine de l’intégration dans ce baromètre concerne les initiatives locales d’intégration des personnes étrangères. Pour rappel, ces initiatives locales sont des « associations sans but lucratif qui visent à soutenir la participation à la vie sociale et associative et à aider à l’exercice des droits et des obligations des personnes étrangères ». Celles-ci rencontrent au moins une des missions suivantes : la formation à la langue française, la formation à la citoyenneté, l’accompagnement social et l’accompagnement juridique spécialisé en droit des étrangers.

En 2019, 35 initiatives locales d’intégration étaient répertoriées en Wallonie contre 30 en 2018. Elles regroupaient un personnel de 118 équivalents temps plein affectés aux missions développées, un chiffre en nette progression par rapport à celui de 2018, année durant laquelle il n’était que de 79 équivalents temps plein. En formation à la langue française, les initiatives étaient au nombre de 30 sur la brèche en 2019 (contre 27 en 2018) pour organiser 252 groupes (contre 186 en 2018). Au niveau de la formation à la citoyenneté, 23 initiatives locales ont été concernées en 2019 (contre 19 en 2018), dispensant 93 formations (contre 76 en 2018). Enfin, dans le domaine de l’accompagnement juridique spécialisé en droit des étrangers, 6 initiatives locales d’intégration ont été actives en 2019 (contre 5 en 2018) pour un total de 822 dossiers ouverts et de 2200 entrevues réalisées (contre 960 en 2018).

Une hausse significative du nombre de bénéficiaires

Si on se penche sur les bénéficiaires de l’ensemble de ces actions, on constate que leur nombre a également significativement augmenté. Cette tendance est particulièrement observable dans la formation à la langue française où 3062 personnes ont été concernées en 2019 pour 2069 en 2018 (+48%). Cette augmentation a été particulièrement spectaculaire au sein de la population des non primo-arrivants hors Union européenne. D’une manière plus générale, on peut d’ailleurs constater que les bénéficiaires des initiatives locales d’intégration sont majoritairement des femmes, des non primo-arrivants et des extra-européens.

De leur côté, les formations à la citoyenneté ont accueilli 1049 personnes en 2019 (pour 869 en 2018) dont 62% de femmes (58% en 2018). L’accompagnement juridique spécialisé en droit des étrangers a, lui, apporté son aide à 1333 personnes en 2019 (pour 1646 en 2018, uen des rares baisses) dont 42% de femmes (41% en 2018).

Notons enfin que l’organisme d’interprétariat en milieu social agréé, qui reçoit une subvention spécifique affectée à l’interprétariat dans le cadre du parcours d’intégration, a assuré 2749 prestations de ce type en 2019 pour 2847 en 2018, une chute chiffrée toujours imputable au ralentissement général des activités dû à la pandémie de Covid-19.

Dominique Watrin

Le Baromètre de l’Action sociale 2019 est consultable et téléchargeable via le lien suivant : http://actionsociale.wallonie.be/sites/default/files/VF_Barom%C3%A8tre%20de%20l%27action%20sociale_2019_4.pdf